Question Écrite

Carte blanche à la presse

ALE

Madame, Monsieur,

Je souhaiterais réagir suite aux derniers articles faisant référence au dispositif ALE et à son soi-disant manque d’intérêt voire manque d’efficacité et je voudrais vous apporter une autre vision des choses sur le dispositif tel qu’il existe et surtout tel qu’il fonctionne à Ath !

Tout d’abord, revenons à la base. Quels sont les objectifs de l’ALE ?

Ils sont au nombre de 3 :

 

  • Réinsertion des demandeurs d’emploi
  • Service aux citoyens et aux collectivités
  • Inclusion sociale

Dans le paysage de l’insertion professionnelle, les ALE sont les seules structures qui répondent à ce double objectif de réinsertion professionnelle et de service aux citoyens. Elles ne peuvent être comparées aux autres structures de réinsertion professionnelle.

Notons également au passage que les structures ALE s’autofinancent en grande partie grâce à une quote-part qu’elles reçoivent sur le montant des chèques achetés par les utilisateurs.

En outre, le passage d’un demandeur d’emploi en ALE rencontre quelques avantages non négligeables :

  • Mobiliser/remobiliser les chercheurs d’emploi
  • Développer la confiance en soi
  • Déterminer/confirmer un projet professionnel
  • Développer les savoirs être
  • Développer l’expérience professionnelle
  • Apporter un revenu complémentaire
  • Maintenir le sentiment d’inclusion sociale
  • Préparer un accès à l’emploi

Les ALE sont les seules structures d’insertion professionnelle présentes dans chaque commune.

Elles sont cogérées par le pouvoir communal, les représentants du monde syndical et patronal avec l’appui du Forem. Ce mode de gestion est un atout qui permet de bénéficier de l’expertise de tous ces cogestionnaires. Il permet également de la flexibilité, de s’adapter aux besoins locaux et de répondre rapidement à des besoins urgents ou nouveaux.

Les ALE sont les partenaires de toutes un série d’autres acteurs et initiatives locales : CPAS, Gestion de l’accueil temps libre, Agence de développement locale, Plan de Cohésion Social, …

Le public cible ?

Les personnes qui émargent des ALE sont souvent des chercheurs d’emploi qui ont déjà épuisé toutes les possibilités en matière de recherche d’emploi : coaching, formations, intérims, …

Les freins rencontrés par ces personnes sont nombreux : l’âge, les accidents de la vie, les problèmes de santé, les difficultés sociales, les problèmes de garde d’enfants, les problèmes de mobilité, …

Le système ALE permet à ces personnes de remettre un pied à l’étrier tout en prenant en compte ces freins et en essayant progressivement de les lever.

Le chercheur d’emploi placé dans un contexte de travail, il est vrai, particulier et adapté, peut progressivement de réhabituer à une culture du travail : respect d’horaire, travail en équipe, suivi de consignes tout en devant produire un résultat pour un utilisateur qui a sollicité cette prestation contre rémunération.

Dressons un état des lieux de la situation d’aujourd’hui :

Les ALE sont un acteur important du soutien local aux chercheurs d’emploi depuis 30 ans.

Il y a bien une volonté de maintenir le système ALE tout en le réformant et en adaptant sa règlementation aux réalités économiques et sociétales actuelles. Le système doit également s’adapter aux évolutions des règlementations en matière d’emploi dont la plus importante sera la suppression des allocations de chômage au bout de deux ans.

Il est nécessaire de faire évoluer la règlementation ALE notamment :

  • Augmenter l’indemnité horaire perçue par le prestataire ALE qui est de 4,10€ de l’heure en complément de l’allocation de chômage horaire ou du revenu d’intégration. En 2023, la communauté germanophone a réformé le dispositif ALE et fixé à 6€ le complément horaire du travailleur.
  • Elargir les profils administratifs des personnes qui peuvent travailler en ALE.
  • Adapter les quotas horaires de travail en ALE à la périodicité de l’activité pour les écoles notamment et à la saisonnalité pour le jardinage entre autres.

Les ALE connaissent des succès différents selon les bassins de vie en Région Wallonne.

Comme dans toutes les structures confrontées à des réalités politiques, économiques et humaines différentes, les ALE sont pour certaines devenues des acteurs incontournables de la vie de leur commune pour d’autres le quotidien peut s’avérer plus compliqué en raison notamment de manque d’effectifs détachés par le Forem pour assurer une gestion efficace de la structure et d’un désintérêt de la commune pour son ALE.

L’expérience nous a prouvé à plusieurs reprises que des ALE en difficulté qui ont pu bénéficier de ressources humaines supplémentaires et d’un regain d’intérêt de la part de leur commune ont, en moins d’un an, retrouvé le chemin d’une activité redynamisée.

La Wallonie Picarde est un bel exemple d’un bassin qui compte sur son territoire une proportion très importante d’ALE avec une activité florissante qui ont développé de nombreuses collaborations avec les communes. Cette étroite collaboration et le soutien des Communes de Wallonie Picarde à leur ALE sont indéniablement une clé de leur succès.

La Wallonie Picarde, c’est :

  • 22 ALE
  • Plus de 1.000 prestataires dont près de la moitié travaillent dans les écoles.
  • Plus de 4.000 utilisateurs particuliers ou collectivités
  • 000 heures de travail prestées.

En moyenne 7.000 prestataires fournissent 2 millions d’heures de travail par an en Wallonie.

Suite aux élections communales, les ALE doivent revoir la composition de leur Organes d’Administration. Les 22 ALE de Wallonie Picarde sont en passe de renouveler leurs instances. Fin juin 2025, ces ALE seront en ordre de marche pour les 6 prochaines années et pourront continuer à venir en soutien à la population de chaque commune.

Et après, que fait-on ?

Les ALE ont besoin d’une réforme et de « mesures conservatoires »

Les ALE ont besoin d’une réforme en profondeur de leur règlemention.

Chacun est conscient que les modifications de réglementation prises au niveau fédéral en termes d’emploi et une nouvelle vision que le gouvernement régional veut insuffler à la dynamisation des chercheurs d’emploi vont impacter la révision de la règlementation ALE.

Cependant, nous sommes face à un problème de timing. On ne peut pas attendre de connaître les impacts de ces modifications sur la règlementation des ALE et adapter après coup la règlementation ALE. Il faut dès maintenant prendre des « mesures conservatoires » afin de permettre aux ALE de continuer à fonctionner correctement durant cette période de transition.

Les ALE viennent d’apprendre début 2025 que le Forem ne leur verserait plus les frais administratifs qui permettaient aux ALE de subvenir à leur frais de fonctionnement. Les ALE vont devoir redoubler d’initiatives afin de booster leur activité pour augmenter leur volume d’activité et ainsi augmenter la quote-part qu’elles reçoivent sur chèques afin de compenser cette perte de subsides. Pour cela, elles ont besoin de ressources supplémentaires soit en termes d’effectifs en plus soit de volumes d’heures supplémentaires à pouvoir affecter aux demandes existantes et à venir. Seules des modifications provisoires de réglementation pourront leur permettre d’atteindre cet objectif d’augmentation de l’activité.

Les ALE ont besoin du soutien des Communes – Les ALE, un relais local pour orienter les chercheurs d’emploi dans les prochaines années.

Les communes ont l’obligation de mettre en place sur leur territoire une ALE et de lui fournir les moyens de fonctionner notamment un local et du matériel.

Les ALE qui fonctionnement le mieux et qui rendent le plus de services à la population sont celles qui sont soutenues par leur commune. Ces ALE ont développé des partenariats avec les différents services communaux et autres acteurs locaux, ce qui leur permet d’être au plus près des besoins de la population.

Les Communes doivent prendre conscience de l’utilité de l’outil ALE et de la pertinence grandissante que leur action pourrait avoir dans les mois et années à venir.

A Ath, nous avons toujours eu une excellente collaboration avec notre ALE. Madame Panier, la directrice se coupe en 4 pour répondre aux besoins et attentes de la commune, que ce soit dans les écoles ou dans les services !

Pour revenir aux réformes de l’ARIZONA, suite à la suppression des allocations de chômage au bout de 2 ans, des analyses prédisent que 1/3 des personnes sanctionnées vont retrouver du travail, 1/3 pourront bénéficier d’un revenu d’intégration sociale et 1/3 disparaîtront des radars car ils n’auront pas la capacité de trouver un emploi et ils ne pourront se tourner vers les CPAS. Ces personnes seront toujours chercheuses d’emploi mais ne seront ni la priorité du Forem ni celle des CPAS qui seront déjà sous pression avec le suivi du public qu’ils devront obligatoirement accompagner.

Les ALE tout en continuant leur travail de réinsertion professionnelle avec les chômeurs et les bénéficiaires du RIS pourraient également travailler avec ces personnes exclues en les soutenant grâce au partenariat avec la Commune.  Ce suivi leur permettrait de garder un pied dans la vie active, de rendre service à la population et de continuer à leur garantir une inclusion sociale nécessaire à la motivation pour retrouver le chemin de l’emploi.

L’ALE fera donc également partie des outils dont nous aurons besoin demain.

Je vous remercie par avance pour la bonne attention que vous porterez à cette demande et vous prie de croire, Monsieur le Ministre, à l’expression de ma parfaite considération.

Bruno Lefebvre, Député

Partager sur les réseaux sociaux :    

Agence de communication de créations et prestations artistiques

Z-artist - Fond
Z-artist - Z
Z-artist - A
Z-artist - Triangle brun
Z-artist - Triste

Petite entreprise soumise au régime de la franchise de taxe · TVA non applicable

Suivez l'actualité de Bruno Lefebvre

Pour ne rien rater de l’actualité, inscrivez-vous à la newsletter !